Né à Silly en 1960, Christian Leclercq en est
devenu le bourgmestre en 1999. Ancien élève
de l’Athénée Royal de Soignies et de
l’école normale de Mons, il a fonctionné en
qualité d’instituteur primaire à l’école
communale de Bassilly de 1980 à 1985, avant d’être
le directeur culturel de ReForm à partir de 1985,
attaché parlementaire dès 1991 et collaborateur
d’Hervé Hasquin, le Ministre-Président
de la Communauté française depuis 1999.
Christian Leclercq fit ses premières armes en politique
lors des élections communales de 1988. Il obtenait
d’emblée 630 voix de préférence
et se voyait confier le mandat de Premier Echevin. Ses 1.522
voix de préférence lors des élections
communales de 2000 l’ont conforté dans son mandat
de bourgmestre, entamé en mars 1999.
Le bourgmestre de Silly siège dans diverses commissions
ou conseils, comme l’Union des Villes et Communes,
la Province de Hainaut et dans des intercommunales. Il est
aussi le Président des asbl du Printemps Musical de
Silly et du Théâtre au Vert, des événements
culturels de qualité à ne pas manquer…
Opladis : Monsieur
Christian Leclercq, vous êtes le bourgmestre de Silly,
une commune de 7.800 habitants, en milieu rural, dans la province
de Hainaut, mais à une grosse demi-heure de Bruxelles
par l’autoroute hors périodes quotidiennes d’embouteillage.
Donc, Silly : commune rurale ou en passe d’être
intégrée à la banlieue de la capitale
?
Je dirai commune rurale, car la première activité reste l’agriculture,
mais il n’en est pas moins vrai que, depuis maintenant dix ans, on constate
une évolution certaine au niveau sociologique. Silly devient une commune
résidentielle, une commune effectivement de la très grande banlieue
bruxelloise. C’est un phénomène qu’on a connu dans
le Brabant wallon dans les années septante. Nous connaissons peut-être
pour notre part une deuxième phase d’exode urbaine vers les campagnes,
mais avec cette différence, fort importante, par rapport au Brabant wallon, à savoir
la volonté d’en garder le caractère rural et champêtre
et de ne pas faire de la commune, avec ses 8.000 habitants, une petite ville, à l’instar
d’Enghien, notre voisine, ville de 11.000 habitants. La volonté n’est
pas celle-là, notre volonté est de garder ce caractère champêtre à la
commune et ce cadre vert qui en fait sans aucun doute son charme.
Opladis : L’économie de Silly est donc essentiellement tournée
vers l’agriculture, même si vous comptez une brasserie artisanale.
Oui, elle est tournée vers l’agriculture, bien sûr, et elle
vit au travers de plein d’activités qui tournent autour de l’agriculture.
Il y a plusieurs marchés artisanaux, avec les produits du terroir, chaque été,
dans les différents villages de la commune. L’agriculture reste
bien un des moteurs de la commune.
Opladis : Donc, le citadin qui choisirait demain de venir habiter Silly doit accepter
le fait de croiser des tracteurs et des bestiaux.
C’est effectivement très important : si l’on vient s’installer
dans une commune comme la mienne, il faut se dire que les routes risquent d’être
boueuses d’octobre à décembre, période des maïs
et des betteraves, que l’on sera parfois empêtré avec une
moissonneuse-batteuse, l’été, sur un petit chemin de campagne
et que, souvent, les fermiers sont obligés de travailler le week-end,
le temps de midi, dans un champ qui jouxte une propriété résidentielle.
Je crois que c’est cela la réalité d’une commune
rurale et que nous ne prendrons pas de règlements communaux pour baliser
cela. La vie rurale a ses contraintes de temps, déjà liées
aux conditions climatiques et c’est important de la laisser vivre comme
elle a toujours vécu. Il n’en reste pas moins qu’il faut,
dans une commune un peu plus résidentielle chaque année, trouver
des espaces de cohabitation pacifiques entre les ruraux et les néo-ruraux,
des lieux où les personnes se croisent, se parlent et comprennent que
la vie de l’un n’est pas celle de l’autre.
Opladis : Combien de nouveaux habitants chaque année à Silly ?
On varie dans une tranche de 120 à 200 nouveaux habitants, soit une
moyenne de 150 nouveaux habitants annuellement. C’est énorme,
puisque Silly, après les fusions de communes en 1976 , comptait 5.300
habitants et que nous dépasserons les 8.000 d’ici fin 2004. Bref,
une progression de la population très conséquente !
Opladis : Au niveau de cette population, quelle est la part de seniors ?
Les plus de 52 ans sont environ 30 % et un habitant de Silly sur cinq a soixante
ans et plus. Donc, une population importante dans la commune, une population
qui bouge, qui a envie de faire des choses. Les communes doivent donc s’adapter à cette
situation et nous l’avons fait : nous avons une échevine du
troisième âge, elle-même directrice retraitée,
qui essaie d’impulser une politique culturelle, d’information,
sportive également. Citons quelques exemples concrets: nous disposons
depuis un an et demi d’une série de pistes de pétanque
où sont organisés des tournois à l’initiative
conjointe des échevinats du sport et du 3e âge. Nous disposons
aussi d’une bibliothèque publique performante, avec y compris
dépôt de livres à domicile pour les moins valides. Enfin,
l’année culturelle à Silly est jalonnée de manifestations à destination
des seniors : animations musicales, conférences, visites… Chaque
année, nous organisons une excursion vers une autre commune, avec
visite du musée, d’une entreprise et un accueil par les autorités
locales.
Opladis : Avec 20 % de la population qui a plus de 60 ans, avez-vous prévu
des aménagements spécifiques de vos infrastructures pour celles
et ceux qui ont une mobilité réduite ?
Oui, la législation nous l’impose d’ailleurs, quels que
soient les bâtiments. Je vais parlé de la bibliothèque
et du centre culturel, pour lesquels les plans viennent d’être
approuvés : ces problématiques y ont été intégrées
immédiatement. La Maison communale de Silly, ancien pied à terre
du Prince de Ligne et un très beau lieu, qui a été rénovée,
a été aménagée pour être accessible à tous.
Enfin, nous venons de prendre des dispositions pour la salle des mariages,
située jusqu’à présent au deuxième étage
d’une maison classée, pour laquelle nous sommes tenus par une
série de dispositions, interdisant par exemple de placer un ascenseur.
Des personnes âgées, à la mobilité réduite,
ne pouvaient donc pas assister au mariage de leurs petits-enfants. Nous venons
donc d’acquérir un immeuble voisin à la Maison communale
pour y déplacer la salle des mariages, pour favoriser l’accès
aux personnes à mobilité réduite. Maintenant, progressivement,
la législation ayant imposé des règles d’accessibilité pur
tous, je crois que, dans les dix années à venir, on aura beaucoup
plus de lieux accessibles aux personnes ayant un handicap, quel qu’il
soit.
Opladis : Les seniors sont souvent inquiets quant à leur sécurité.
A Silly, des problèmes de cet ordre ?
Je préside la zone de police Sille et Dendre, qui va d’Enghien à Jurbise:
toutes des communes rurales et résidentielles, avec une sociologie de
population assez similaire. Nous avons effectivement les taux de criminalité les
plus bas de la province de Hainaut, ce qui est réjouissant. Toutefois,
deux phénomènes sont à souligner au niveau de la police
: le premier est assez aigu sur Silly. Ce sont les vols dans les habitations
résidentielles, vols liés à la proximité de l’autoroute.
Des effractions commises généralement par des bandes qui nous
arrivent de l’Est et compagnie : dix ou quinze vols sur une même
nuit ! Deux projets ont donc été mis en place par des groupes
de riverains : les policiers sont allés en formation en techno-prévention,
afin de pouvoir répercuter auprès du citoyen les techniques utiles à se
protéger dans sa maison: sécurisation des fenêtres, des
portes, des portes de garages, imprudences à ne pas commettre comme
laisser une échelle à vue sur une fenêtre ouverte quand
on n’est là, utilité de prévenir voisins et police
quand on part en vacances, etc. Ces deux groupes sont composés essentiellement
de seniors, qui disposent d’un peu de temps : ce sont à eux à véhiculer
l’information, à choisir avec la police quelles actions elles
vont mener et à quel moment, et, lorsque des faits sont intervenus, à rencontrer,
avec la criminologue de la zone, les victimes, pour ensuite, au départ
des constats, indiquer aux autres comment mieux se prémunir.
Opladis : Dernière question. Websenior est généralement fréquenté par
des seniors très actifs, qui aiment circuler et visiter. Que leur proposez-vous
de voir à Silly ?
A Silly, ils seront très gâtés ! La particularité de
Silly est d’être une petite commune qui a une dimension culturelle
très importante. Nous avons des activités culturelles tous les
mois, des activités qui sont déclinées pour tout le monde,
en ce compris pour les seniors, même si certaines activités leur
sont plus prédestinées. Nous organisons le printemps musical,
avec une série de 25 concerts qui se donnent principalement dans les
châteaux que l’on ne peut visiter que pour l’occasion. Concerts
aussi dans des églises classées ou dans des endroits prestigieux
des communes avoisinantes, puisqu’on ne cloisonne pas la culture aux
limites de la commune. En août, on organise une semaine consacrée à la
sculpture : des sculpteurs travaillent une semaine durant sur un tronc d’arbre
qui est celui de la plantation du mai et le public vient voter pour savoir
quelle sculpture sera intégrée dans l’espace public sillien.
Parallèlement à cela, existe une grande promenade avec des créateurs
de land art : ils créent donc une œuvre d’art dans la nature
pendant une semaine et fin de semaine l’exposition est ouverte, ce qui
attire plus de 2.000 personnes sur un week-end.
Opladis : Et cela, chaque année, en août ?
Chaque année, en août! Aussi un festival de théâtre,
qui est fort fréquenté par les seniors et qui a été créé l’année
dernière : cela s’appelle le Théâtre au Vert et se
passe les 4 derniers jours du mois d’août à Thoricourt,
petit village sympathique: deux châteaux, des vallons, de petites brasseries.
Bref, un petit village très convivial ! Silly appartient à la
zone touristique du Tournaisis, Nous avons une forêt domaniale de 300
hectares : on a donc développé considérablement le tourisme
vert, c’est-à-dire les ballades en forêt, les chemins pédestres
et équestres balisés. Quand on a 6.800 hectares, on dispose d’un
très grand espace de campagne, de forêts, qui permet de développer
ce genre d’activités. On a aussi de petits lieux, des tavernes
qui offrent les produits du terroir, six châteaux qui ouvrent occasionnellement
leurs portes, pour les concerts, je l’ai déjà dit. On a
parlé du printemps musical, l’été, c’est le
festival Monteverdi, organisé par Marie-Paule Cantarella, qui fait escale à trois
reprises à Silly. Ajoutez à cela, tous les étés,
chaque semaine à Silly, une activité de type villageoise ou culturelle.
Cet été 2003, par exemple, nous avons accueilli, à Hoves,
une exposition internationale des poids et mesures.
Opladis : Vous nous rappelez comment se rendre à Silly?
On y vient très facilement! Par l’autoroute, de Bruxelles, c’est
l’axe Bruxelles-Tournai, à savoir l’A8-E429 , en quittant
l’autoroute de Mons-Paris et en bifurquant par Halle. La première
sortie, la sortie 26, mène à Hoves, la sortie 27 vous permet
d’arriver à Bassily et la sortie 28 débouche directement à Silly
même. Donc, 3 sorties d’autoroute pour venir à Silly ! Il
a une gare à Silly, sur la ligne Bruxelles-Tournai, avec des trains
toutes les heures et des navettes bus assurant l’acheminement vers le
centre de Silly, puisque la gare est dans les champs entre Silly et Bassily.
A pied, on est à dix minutes de marche. Si on vient de Mons, c’est
la route qui vient de Soignies. Silly, par sa superficie, est une commune qui
touche à toute une série de villes : Lessines, Ath, Soignies,
Enghien et même Braine-le-Comte pour une toute petite partie. Nous sommes
donc entourés de villes et donc des grands axes pour y arriver : on
accède donc à Silly assez aisément.
Opladis : Donc, pas de bon prétexte pour ne pas visiter prochainement Silly.
Merci, Monsieur le Bourgmestre, et bonne continuation dans vos projets… Les
Seniors branchés ne manqueront de lire attentivement votre interview
sur Websenior, le portail belge de référence des Seniors.
Une
interview réalisée le 22 juillet 2003 par
Memogrames sprl, pour compte de Opladis.