Daniel RENARD, barbu jovial et accueillant de 56 ans, est
le Bourgmestre
de Braine-le-Comte depuis 2001. Traducteur-interprète de formation, il
a longtemps enseigné en Promotion sociale, puis à l’Ecole
d’Interprétariat de Mons, avant de se voir confier la direction
des Cours de promotion sociale de la cf à Morlanwelz.
Son engagement social remonte aux années 70, lorsqu'il était délégué syndical
CGSP dans son école, participait au Groupe d'Action populaire de Braine-Le-Comte
en organisant, notamment, les fêtes de l'immigration, présidait
aux destinées du PAC brainois.
Conseiller communal dès 1988, il
a exercé des responsabilités scabinales de 1994 à 2000 (culture,
enseignement et emploi). Son épouse ayant des origines espagnoles, la
Péninsule ibérique
est, nous a-t-il confié, une destination que Daniel Renard affectionne
particulièrement. Opladis
: Monsieur le Bourgmestre, la plupart des
Belges sont probablement venus en touristes sur le territoire
de votre Commune sans
le savoir, parce que, depuis des décennies, le Plan
incliné de Ronquières est un important pôle
touristique de la Province de Hainaut.
Or, Ronquières
est l'un des petits villages fusionnés avec Braine-le-Comte
en 1977.
Effectivement ! Braine-le-Comte, c’est un centre plus
quelques villages, dont Ronquières et son Plan incliné qui,
avec 40.000 à 50.000 visiteurs par an, est l’élément
touristique le plus important. Le nombre de visiteurs avait
légèrement diminué il y a quelques années,
mais il augmente à nouveau depuis qu’on y trouve
un parcours de la batellerie. Autre atout touristique, plus
local cependant: le bois de la Houssière, long de
6 à 7 km et large de 1 à 3 km. Beaucoup de
monde s'y promène en été. On trouve
aussi, en ville, quelques anciens bâtiments intéressants,
comme l’Hôtel d’Arenberg (ancien hôtel
de ville, désormais siège du Centre culturel),
des vestiges d’anciens remparts ou une magnifique petite
chapelle.
Opladis : Sur le plan économique, vous parliez du bois de
la Houssière où se trouvent des sablières,
dont on extrait un sable de très bonne qualité destiné à la
construction.
Oui, mais elles ne fonctionnent quasiment plus
pour de nombreuses raisons, notamment parce que les exigences
communales n’ont
pas toujours été respectées par rapport
aux sentiers de promenade. S’ajoutent à cela
des difficultés internes aux familles exploitantes,
que nous ne commenterons pas.
Opladis : Quelles sont les
autres activités économiques
sur le territoire de Braine-le-Comte ?
Malheureusement,
beaucoup d'entreprises ont fermé leurs
portes. Je dirais qu’en dehors des commerces, de quelques
PME ou des toutes petites entreprises du zoning d'Hennuyères,
il n’y a plus grand-chose. Néanmoins, l’avenir
paraît un peu plus souriant grâce à l'assainissement
du site de la verrerie de Fauquez, qui sera accessible dans
quelques mois aux PME. Je pense que c’est un endroit
intéressant, dans la mesure où c’est
une fenêtre sur le Brabant Wallon et sur Bruxelles,
d'accès facile via Ronquières et avec un accès
immédiat à l’autoroute. Plusieurs entreprises
paraissent intéressées.
En outre, dans 2 ou 3 ans, deux projets plus porteurs d’emplois verront
le jour. Nous sommes dans la région des carrières. Or, plusieurs
d’entre elles n’ont plus de pierres en réserve pour de longues
années. Nous allons donc en ouvrir une nouvelle qui, lorsqu’elle
tournera bien, devrait offrir environ 160 emplois. Bien sûr, il ne s’agira
pas de 160 emplois nouveaux, car d’autres vont probablement fermer progressivement,
mais cela signifie 160 emplois préservés ou supplémentaires.
Autre projet intéressant pour Braine-le-Comte: le zoning industriel
de Salmonsart, sur Soignies, est un peu à l’étroit. Dans
les années à venir, il va donc se développer, en partie
sur Braine-le-Comte. Cela signifie que, pour la première fois depuis
plusieurs années, nous aurons des recettes venant d’entreprises.
En outre, Braine-le-Comte est l’une des seules communes hennuyères
en constante augmentation de population, principalement à cause de la
facilité d’accès à Bruxelles par la route et le
train. Il fut un temps où l’augmentation moyenne de population était
chez nous de 3%. Il y a une dizaine d’années, nous avions environ
18.000 habitants. On dépasse aujourd'hui les 20.000. Sur Hennuyères,
le village le plus proche de Bruxelles, où il y a toujours des arrêts
de train, l’augmentation était de 11 % l’an, à un
certain moment. Je ne pense pas me tromper en disant que, pour Braine-le-Comte,
la période la plus difficile est en train de se terminer et que les
perspectives financières sont souriantes.
Opladis : Rappelons également que vous êtes la première
commune hennuyère rencontrée en venant du Brabant
Wallon, sur la nationale qui va de Bruxelles à Mons.
Nous sommes à 24 km de Mons et 16 km de Nivelles et
vous êtes donc desservis par un des axes routiers et
ferroviaires les plus fréquentés.
Oui. D’autant que, grâce à la RN 57 ouverte
en juin dernier, l’accès à La Louvière
est aussi grandement facilité. Tubize est tout près également.
Je crois que c’est effectivement une des raisons pour
lesquelles beaucoup de monde vient habiter ici. C’est
une commune semi-rurale, très verte. Nous avons donc
pas mal de gens de Bruxelles et du Brabant Wallon qui viennent
habiter ici. Nous avons aussi un certain nombre de Borains
travaillant à Bruxelles et qui veulent se rapprocher
de leur lieu de travail sans aller nécessairement
vivre à Bruxelles.
Opladis : Peut-être aussi que le snobisme de certains à vouloir
habiter dans le Brabant Wallon, qui a fait flamber le prix
de l’immobilier, n’a pas encore touché les
premières communes du Hainaut ? Pas encore ! Quoique… Les prix augmentent chez
nous aussi. Il faut aussi se dire que Braine est considérée,
jusqu’à un certain point, comme une ville dortoir.
Je crois que ce n’est vrai que jusqu’à un
certain point parce qu’on y trouve quand même
une vie culturelle et associative très développée.
La bibliothèque et le Centre culturel sont clairement
deux des services qui fonctionnent le mieux à Braine-le-Comte,
parce que les gens qui y travaillent ont des tas d’initiatives
et ne craignent pas de retrousser leurs manches. Néanmoins,
il est évident que, parmi les nouveaux Brainois, un
certain nombre ne s’y installe que pour dormir. Par
contre, d'autres s’impliquent de plus en plus dans
la vie communale et associative.
Opladis : Un peu plus de 19%
de vos concitoyens ont 60 ans et plus. Vous êtes en dessous de la moyenne nationale. Ceci
est probablement dû au fait que ces nouveaux Brainois,
arrivés depuis 10 ans, sont des jeunes ménages.
En
général, oui. Pour vous donner un exemple,
nous avons régulièrement des problèmes
de locaux dans nos écoles communales fondamentales.
Il faut rajouter régulièrement des modules,
introduire des demandes pour construire des ailes supplémentaires,
parce que la population scolaire augmente considérablement.
A mon avis, il y a 2 raisons à cela: d’une part
les écoles de villages sont à la mode (nous
n’avons pas d’écoles communales fondamentales
dans le centre-ville) et, d’autre part, parce que nos écoles
fonctionnent bien. De plus, effectivement, ces villages accueillent
de plus en plus de jeunes ménages. Maintenant, il
est bien clair que ceci ne se poursuivra pas éternellement.
Certaines écoles vont d'ailleurs probablement redevenir
progressivement plus petites. Ceci aura évidemment
des avantages et des inconvénients. Il y aura peut-être
quelques pertes d’emplois mais, en même temps,
les écoles retrouveront une échelle humaine.
C’est un peu fou d’avoir une école de
village dans laquelle il y a trop d’élèves,
comme c’est le cas pour le moment.
Opladis : Quelle est l’offre qui concerne les seniors ? Disposez-vous
de maisons de retraites et de services adaptés ?
Il
y a la maison de retraire du CPAS de Braine-le-Comte, qui
fonctionne très bien. Prochainement, des travaux
débuteront pour reconditionner deux des ailes de ce
bâtiment. A côté de ça, le CPAS
a fait l’acquisition d’un bâtiment assez
grand qui nous permettra de loger nos seniors pensionnaires
au moment des travaux et ensuite, on verra ce que l’on
en fera, mais de toute façon, ce bâtiment restera
lié au home. Les deux maisons de retraite privées
ont aussi beaucoup de succès.
En dehors de cela, toute une série d'associations proposent des activités
aux personnes âgées. Certaines sont proches de partis politiques,
mais l’UDA (l’université des aînés) et l’UTD
(université du temps disponible) organisent aussi régulièrement
des conférences. L’échevinat du 3ème âge organise également
un certain nombre d’activités, notamment des déplacements
culturels, comme par exemple pour le festival du folklore à Tournai.
La journée "sports seniors", qui se déroule en partie
dans le bois, rencontre toujours un vif succès. Le Centre culturel noue
encore des contacts avec les maisons de repos. Des séances de cinéma à l’ancienne
sont notamment organisées, au cours desquelles on projette des films
que les seniors ont souhaité revoir et qu’on essaie de trouver
pour eux. Enfin, un groupe de travail "Seniors", dont font partie
des représentants politiques et d’autres seniors, participe à la
réflexion des activités qui se font sur Braine-le-Comte.
Opladis : Chez
Opladis, nous avons des penchants gourmands et gourmets et il est une question
traditionnelle que nous aimons poser
aux Bourgmestres en fin d’entretien : que faut-il boire
et manger de particulier si l’on vient à Braine-le-Comte
?
Nous avons la bière "des géants",
mais qui n’est pas brassée à Braine-le-Comte.
A Ecaussinnes, une brasserie fonctionne, par contre, très
bien et nous travaillons régulièrement avec
elle, par exemple au niveau du Centre culturel.
Sur Braine-le-Comte
même, nous avons deux producteurs de foie gras qui
rencontrent beaucoup de succès et un certain nombre
de fermes proposent des produits régionaux parfois
typiques comme la glace au spéculoos. Certaines personnes
se déplacent parfois d’assez loin pour venir
chercher ces produits artisanaux. Nous avons enfin un ancien
assureur recyclé dans le chocolat, qui propose d'excellents
produits, et un autre fabricant de chocolat sur le petit
site industriel d’Hennuyères.
Opladis : Eh bien, invitation
est lancée à nos lecteurs
pour une visite à Ronquières, dont le site
a été entièrement rénové et
dont l’exposition consacrée à la vie
des bateliers est splendide, avec promenade au bois de la
Houssière, dégustation de foie gras et de chocolats
brainois, ou encore d’une Bière des Géants.
Merci de votre accueil, Monsieur le Bourgmestre, et bonne
continuation !
Merci à Opladis de nous aider à faire connaître
Braine-le-Comte !