Madame
Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à
la jeunesse et de la Santé, répond à
la question de Madame Bertouille en lieu et place de Madame
Simonet, absente.
[26/01/2005 ]
Numerus Clausus en Kinésithérapie Parlement
de la Communauté Française de Belgique
Madame Fonck, ministre de l'Enfance, de l'Aide à
la jeunesse et de la Santé : Vous n’ignorez
pas qu’il existe, entre le problème de la kinésithérapie
et celui de la médecine, trois différences essentielles
qui justifient un traitement dis-tinct.
La première est que la kinésithérapie
se pratique hors du système INAMI à un degré
beaucoup plus élevé que la médecine.
La deuxième réside dans le nombre très
élevé d’étudiants étrangers
fréquentant nos institutions supérieures. La
troisième consiste dans le fait que cet enseignement
est dispensé à la fois dans les universités
et dans les hautes écoles.
Au
sujet des contacts avec le niveau fédéral, je
confirme qu’une réunion de la commission de planification
consacrée au problème de la kinésithérapie
aura lieu le 3 février. Chaque Communauté y
enverra un représentant sans pouvoir décisionnel,
la responsabilité étant fédérale.
Cette réunion aura pour objet le contingentement pour
2010, 2011 et 2012 ainsi que l’organisation de la sélection
des kinésithérapeutes agréés qui
demanderont l’intervention de l’assurance obligatoire
soins de santé pour leurs activités en cabinet
privé.
Le dispositif qui serait prévu pour ce concours et
qui fera l’objet d’un arrêté royal,
s’articulerait autour de trois axes.
Le premier est la détermination, par un groupe d’experts
désignés par le ministre des Affaires sociales,
des domaines sur lesquels porte le concours. Le deuxième
est la création d’une commission du concours
chargée de suivre les travaux des experts et d’intervenir
en tant que jury lors du concours. Cette commission est composée
de l’administrateur général de l’INAMI
et du président de la commission de planification de
l’offre médicale, de quatre fois deux membres
présentés par le CIUF, le CGHE et les correspondants
néerlandophones de ces organes, de six membres désignés
par les organisations professionnelles représentatives
de la kinésithérapie et de deux représentants
du SPF Santé publique. Le troisième axe est
l’organisation pratique, par le bureau de sélection
de l’administration fédérale, le Selor.
Le concours sera organisé une fois par an, au.CRIc
N o 22- Ens.sup3 (2004 2005) ( 6 ) mois de juillet, si le
nombre d’inscrits dépasse de 10% le quotum fixé,
lequel sera augmenté ou diminué suivant un mécanisme
de lissage. En 2005, il serait organisé durant le second
semestre. Sur les 700 étudiants actuellement inscrits
en dernière année, 216 sont belges. Donc, une
grande partie des étudiants diplômés en
2005 ne devraient pas s’inscrire au concours d’agrément
de l’INAMI car les diplômés étrangers
et belges seront agréés par le ministère
de la Santé publique et chacun aura accès à
la profession dans son propre pays. De plus, l’agrément
de l’INAMI n’est requis que pour la pratique de
la kinésithérapie en cabinet privé. Cette
solution peut être considérée comme un
pis-aller dans la situation actuelle en attendant une réforme
de l’enseignement de la kinésithérapie.
Cela étant, est-il raisonnable que onze établissements
supérieurs, trois universités et huit hautes
écoles, assurent cette formation ? Elle n’est
suivie que par 3 % des étudiants inscrits dans l’enseignement
supérieur. De plus, seul un quart des étudiants
en formation sont belges.
Par ailleurs, un rapprochement entre les universités
et les hautes écoles n’est-il pas indiqué,
notamment pour l’organisation conjointe de la cinquième
année ? En effet, pourquoi ne pas permettre l’accès
à un master européen de cinq ans en kinésithérapie
? Dans le cas contraire, ce serait la seule discipline bloquée
à quatre ans. Enfin, il n’est pas opportun de
séparer hautes écoles et universités
sur la base des cycles. En effet, depuis 1998, l’enseignement
de la kinésithérapie en haute école relève
de l’enseignement supérieur de type long.
Le décret de Bologne a confirmé la notion de
type long articulé sur deux cycles. L’organisation
que vous évoquez paraît davantage liée
à un schéma ancien qu’aux dispositions
actuelles.
Madame
Chantal Bertouille (MR). – J’ai effectivement
abordé le problème de l’examen ou du concours
concernant l’INAMI et la réforme de l’enseignement.
Je constate que Mme Simonet est partiellement d’accord
avec la proposition de décret que nous avons présentée
en commission. Il convient de poursuivre la réflexion.
Lors de l’examen de la proposition de décret
en commission, nous avions expliqué que nous devions
adopter une vision encore plus globale. Il ne s’agit
en effet que de l’un des volets d’une grande réforme
de l’enseignement. Il semble donc que la Communauté
française marque son accord sur le schéma de
sélection proposé par le gouvernement fédéral.
Elle est dès lors favorable à un concours organisé
par le Selor. Nous attendons les conclusions et les décisions
qui seront prises lors de la réunion de planification
du 3 février.