ou l’alimentation en maison de repos : Un plaisir
retrouvé !
Se
nourrir est un plaisir auquel participent tous les sens. Quelle
joie merveilleuse que de mordre dans une tranche de pain juste
sortie du four ou dans une pomme superbement parfumée.
Un rôti bien doré ne vous fait-il pas venir l'eau
à la bouche ?
Ces petits plaisirs sont bien la condition nécessaire
à la bonne assimilation des aliments et surtout à
la joie qu'ils procurent. Déguster, savourer, telles
sont les devises du plaisir de la table.
Presque tous les événements importants de la
vie sont marqués par un bon repas, sinon par un festin.
Des repas pris dans une atmosphère agréable
créent des liens. Ce n'est pas sans raison que des
hommes politiques de partis et de nationalités différentes
se réunissent pour des petits déjeuners de travail
ou des banquets, sans compter les hommes d'affaires et leurs
célèbres repas. Boire et manger, autrement dit
la cuisine et la cave, sont des composantes essentielles de
notre culture.
De nombreuses fêtes traditionnelles s'accompagnent de
dégustation de plats typiques. Ne dit-on pas même
que l'amour passe par l’estomac ? Une alimentation agréable
contribue au bien être et à la forme en général.
En ce qui concerne plus particulièrement la personne
âgée, l’instant du repas est déterminant
pour le maintien de sa vie sociale, son autonomie et la préservation
de son capital santé.
Les spécificités alimentaires liées
au grand âge sont :
Un faible appétit,
Un appétit difficilement modifiable,
Des carences nutritionnelles fréquentes,
Des goûts réduits,
Des besoins alimentaires qui restent néanmoins
importants
Des risques importants de dénutrition et de déshydratation,
Une forte dimension plaisir attachée au repas.
Aussi, est-il du devoir, tant moral que professionnel, pour
le gestionnaire d’une maison de repos de mettre en place
une réelle infrastructure hôtelière au
sein de son établissement et de ne plus aborder la
réalisation et la distribution des repas en institution
comme une habitude nécessaire délaissée
aux soins de quelques dilettantes de compétence parfois
hasardeuse mais plutôt comme une mission humaine, sociale
et même thérapeutique..
De plus, ce qui ne gâche rien dans un milieu tellement
sujet aux idées toutes faites, l’alimentation
de qualité est une source de notoriété
à part entière en accordant autant d’importance
au département des soins comme au département
restauration -hôtellerie. Il s’agit ici, d’avoir
une vision nouvelle de la réalisation de repas, de
bannir les a priori et les idées préconçues
et d’appliquer enfin les grands principes de la restauration
gastronomique au secteur des maisons de repos.
Quels sont en synthèse ces grands principes
?
L’achat de produits de qualités, de produits
frais et non apprêtés afin d’offrir des
aliments exempts d’exhausteurs de goûts ou autres
joyeusetés de notre société de consommation
et qui ne correspondent en rien aux souvenirs que peuvent
avoir nos pensionnaires d’une alimentation traditionnelle.
Le respect de ces produits, tant au point de vue de l’hygiène
que de la préparation, mais aussi le respect de l’invité
!
Cessons de considérer les personnes âgées
comme des locataires, mais regardons les plutôt comme
des INVITES !
Et accueillons les comme nous souhaiterions être
accueillis lors de notre arrivée à l’hôtel
ou au restaurant !
Et, pour ce faire, ne serait-il pas plus judicieux d’engager
un professionnel de la restauration plutôt que du personnel
soignant surnuméraire et à peine qualifié
afin d’obtenir primes et subventions ?
D’une manière plus concrète,
sont bienvenus :
l’organisation mensuelle de réunions avec
les pensionnaires qui le désirent, en vue de déterminer
les plats qui leurs feraient plaisir de voir figurer au
menu.
un menu alternatif quotidien dans la même optique
ou encore une liste des habitudes alimentaires de chaque
résident.
l’organisation ponctuelle de menus à thèmes
sont des mesures réalisables à faible coût.
L’achat de produits de bases, traités directement
dans l’établissement, plutôt que l’achat
systématique de produit de 4ème ou 5ème
gamme, forts coûteux pour une factice facilité
de préparation constitue déjà en soit
une source d’économie non négligeable
!
Une bonne gestion de stock, avec une rotation de marchandises
rapide pour ne pas immobiliser du capital inutilement et s’exposer
à un crédit de caisse exorbitant ainsi que la
recherche permanente de fournisseurs offrants le meilleur
rapport qualité/prix, chacun dans sa spécialité
me semble également primordiale !
Autant de mesures applicables dans le cadre des budgets restreints
qui sont octroyés pour les repas en maisons de repos
! Tout n’est pas qu’une question de prix, mais
bien de volonté, celle d’offrir aux personnes
âgées leurs plus belles vacances même si
ce seront les dernières.
Michel LOGNOUL
Cuisinier – Econome
« Le
Clos du Trimbleu »
2, rue Andernack
4670 BLEGNY.