Une enquête de l’INS relayée
par l’Association Internationale pour la Prévention
du Suicide le démontre : chez les plus de 60 ans,
le suicide n’est que la 12e cause des décès.
Reste que le phénomène interpelle.
Avec un taux de suicide estimé à 23 pour 100.000
habitants, la Belgique est, avec la Finlande, la France,
le Danemark, bien au-dessus de la moyenne mondiale estimée à 14,5
pour 100.000 habitants.
Chaque année, on dénombre chez nous de plus de 2.000
décès, soit 6 suicides par jour. Toutes causes confondues,
le suicide est la 10e cause de décès sur la population
totale, mais la première cause « externe » de décès
dans la typologie de l’INS. C’est-à-dire qu’en
Belgique, le nombre de décès par suicide est bien supérieur
au nombre de décès par accidents de la route, chutes
accidentelles, et autres accidents. Si le suicide est la première
cause de décès des 20-39 ans, il n’arrive qu’en
12e position chez les 60-79 ans et en 14e position chez 80-99 ans.
Il existe par rapport au suicide toute une série d'idées
reçues quant à la vulnérabilité particulière
de certains groupes de personnes. S'il est vrai que la problématique
du suicide se pose avec plus d'acuité dans certaines classes
d'âge, il touche toutes les couches de la population et toutes
les classes sociales.
La différence la plus flagrante dans l'analyse des taux de
suicide est la différence hommes/femmes. Nous constatons en
effet que, dans nos sociétés occidentales, les hommes
se suicident trois fois plus que les femmes.
Toujours selon les statistiques, les personnes les plus sensibles
aux idéations ou aux comportements suicidaires sont souvent
soit les adolescents soit les personnes âgées. De fait
nous savons que la problématique du suicide se marque de façon
importante aux deux extrémités de l'existence : un taux élevé de
tentatives de suicide à l'adolescence pour un taux élevé de
suicides chez les personnes âgées. Autrement dit, si
les jeunes et les femmes essayent plus souvent de mettre fin à leur
jour, les hommes et les personnes âgées y arrivent plus
souvent.
De grandes différences existent en fonction du sexe de la personne
: ainsi les hommes sont 2 fois plus nombreux à tenter de se
suicider par rapport aux suicides « aboutis », alors que
les femmes sont 14 fois plus nombreuses à tenter de se suicider
par rapport aux suicides aboutis. De même, le taux de «réussite» est
estimé à 1 sur 2 ou 3 pour les plus de 65 ans, tandis
qu’il serait de 1 sur 100 à 200 pour les moins de 25
ans. Ainsi si les jeunes sont beaucoup plus enclins à tenter
de se suicider, les tentatives de suicide sont donc nettement plus
souvent fatales chez les individus plus âgés.
Pour lutter contre ce fléau social, le Centre de Prévention
du Suicide cherche des répondants bénévoles pour
la ligne de crise 0800 32 123, sur Bruxelles.
Aucune connaissance préalable n'est requise : le Centre de
Prévention du Suicide assure aux répondants une formation
spécifique à l'écoute et des supervisions régulières.
Infos : 02 640 51 56 et www.preventionsuicide.be
A noter : dans le cadre d’un projet-pilote de prévention
du suicide sur la Commune d’Ixelles, le Centre de Prévention
du Suicide va organiser à partir d’octobre des groupes
de discussions et d’échange ouverts à toute personne
qui, dans le cadre de son travail, côtoie des personnes âgées.
Chacun viendra avec les questions qui les interpellent.
Se renseigner
auprès du Centre de Prévention du Suicide asbl, Place
du Châtelain 46, 1050 Bruxelles cps@preventionsuicide.be et au 02
650 08 69.