Les hôpitaux du pays cherchent activement des
donneurs d’organes. A l’heure actuelle, vingt à trente
pour cent des mourants dans les hôpitaux ne sont pas
pris en compte par les médecins et le personnel soignant
en tant que donneurs d'organes potentiels. Le ministre de la
Santé publique, Rudy Demotte (PS), a décidé de
prendre les choses en main. Il vient de mettre sur pied le
projet pilote "Gift".
Aujourd’hui, dans trente et un hôpitaux
de notre pays, un coordinateur a été désigné dans
le cadre du don d’organe. Son travail : accompagner
médicalement, psychiquement et socialement en
cas de don d'organe.
Les chiffres arrêtés au 31 décembre
2005 montrent une augmentation de plus de 25% du nombre
de patients en attente d’un rein entre 2005 et
2000. En l’an 2000, 734 patients étaient
en attente d’un rein, ils étaient 966 à la
fin de l’année passée. Cette augmentation
s’observe également pour les listes d’attente
des autres organes, la situation la plus critique étant
pour le foie où on est passé de 80 patients
en attente d’un foie en 2000 à 249 aujourd’hui.
Soit une augmentation de plus de 200% !
Comme on le sait, la législation permet à tout
un chacun d’entrer en ligne de compte pour le
don d'organes. Dans la pratique, il est d’usage
que les médecins demandent néanmoins
l'accord de la famille. Or, les statistiques le révèlent,
dans un cas sur six, cette dernière fait opposition.
C’est donc là que le bât blesse.
Le médecin ou le membre du personnel médical
désigné comme coordinateur devra tenter
d'agir à ce niveau.
Le ministre Demotte envisage d'évaluer le projet
pilote « Gift ». Si le résultat
est positif dans quelques mois, un coordinateur sera
désigné dans chaque hôpital. Mais
les autorités le savent : la bataille n’est
pas gagnée. Nous sommes sur un terrain glissant,
très émotionnel.
Chaque fois qu’on
don d’organe se produit, les conditions sont
tragiques, parfois inattendues, souvent très
pénibles. La sensibilisation est et restera
un travail de longue haleine.