L’an dernier, en 2005, quelque 50 millions de
boîtes
de calmants, d'antidépresseurs, de somnifères
et d'antipsychotiques ont été vendus en Belgique.
Un marché total de 581 millions d'euros. Des chiffres
révélés par l'Institut des statistiques
médicales qui posent question.
Ce n’est un secret pour personne : la déprime,
au cœur de l’hiver, a la cote. Ce qui apparaît
plus inquiétant, c’est que la consommation de
calmants, d'antidépresseurs, de somnifères et
d'antipsychotiques a fait un gros bon en avant ces dix dernières
années.
A titre de comparaison, en 1994, 3,1 millions
de boîtes d'antidépresseurs ont été vendues
; en 2004, on était passé à 7,1 millions,
soit plus du double. Les firmes pharmaceutiques qui mettent
ces pilules sur le marché ont quant à elles quadruplé leur
chiffre d'affaires, passant de 71,9 millions d'euros en 1994 à 203
millions d'euros l'an dernier.
Par ailleurs, 14,2 millions de boîtes de calmants et
de somnifères ont été vendues en 2005
pour un montant global de 117,4 millions d'euros. En 1994,
12,7 millions de boîtes ont été vendues
pour 98,1 millions d'euros.
Ce que l’on ne sait généralement pas, c’est
que la dépression peut cacher une douleur liée à l’angoisse,
la peur ou l’anxiété. Mais comment différencier
l’une de l’autre ? En réalisant un test
thérapeutique.
Il consiste à administrer un antalgique (anti-douleur)
puis d’observer l’effet sur le patient durant deux
ou trois jours plus tard. Si le sujet va mieux, c’était
bien un problème douloureux, qui doit être pris
en charge. Si ce n’est pas le cas, il est fort probable
qu’il s’agit d’une dépression.
Oui, la déprime coûte cher. A titre de comparaison,
le Serlain (60 x 50 mg) coûte quelque 35 euros tandis
que son générique, la Sertraline (également
60 x 50 mg), vaut 27 euros. Quant au fameux Prozac, la boîte
de 28 x 20 mg coûte environ 26 euros. Son générique,
la Fluoxétine, vaut elle 22 euros. Certes ces médicaments
peuvent avoir un effet bénéfice. Temporairement,
et nous insistons sur ce dernier adverbe. Car le véritable
danger est l’accoutumance.
Si vous avez un petit coup
de blues, le mieux est de ne pas céder à l’automédication
et d’être suivi par un médecin traitement,
qui, lui, saura prescrire le médicament qu’il
vous faut en tenant compte des éventuels effets secondaires.