Pas facile d’y voir clair dans les études
parfois contradictoires qui sont publiées sur l’épargne
des seniors. Une chose est sûre : le Belge épargne
de plus en plus pour sa pension. Fin 2005, les fonds de pension,
pour le quotidien De Tijd, s’élevaient à 10
milliards d’euros. Ce qui ne dit évidemment
rien sur les réflexes d’épargne des pensionnés
eux-mêmes…
Petite enquête et tendances
comparatives.
C’est dans doute une conséquence des discussions
entre partenaires sociaux et gouvernement fédéral
ces derniers mois: le Belge commence à se poser des
questions sur sa future pension. Et plutôt qu’épargner
de manière classique, il aurait tendance à alimenter
les fonds de pension.
Les plus importantes banques belges,
Fortis, la KBC, Dexia et ING
Belgique, voient leurs fonds de
pension augmenter de quelque 20 %… avec davantage de
souscription durant le dernier trimestre 2005.
De Tijd, à titre
d’exemple, révèle que Fortis a enregistré l’an
dernier 13.143 nouveaux épargnants. Une augmentation
de… 90,80 % ! Un chiffre énorme.
Certes il ne
concerne qu’une seule banque, mais il est révélateur,
et d’abord du fait que Fortis, mieux
que ses concurrents, a réussi sa campagne de publicité sur
le sujet. Il serait toutefois spécieux de ne mentionner
que ce seul facteur. Diverses tendances sont en effet à prendre
en considération , et notamment l’avantage fiscal
lié à l’épargne pension, qui est
passé de 620 à 780 euros. Ou encore les résultats
satisfaisants de la Bourse, dont les bénéfices
seraient en partie « détourner » vers
les fonds de pension.
Sondage Ipsos pour Rabobank
A côté de ces dernières
(bonnes) nouvelles, il est permis de s’interroger après
le sondage réalisé par Ipsos pour le compte
de Rabobank.
Ce sondage révèle que 7 Belges sur 10 épargnent
mais… parmi eux, 57% n’ont aucune idée
de ce que cette épargne rapporte. Bref, on met de
côté,
dans un vieux réflexe humain, on thésaurise,
mais sans bien savoir ce que cela fera engranger.
Autre enseignement
: le Flamand serait plus porté à l’épargne
que le Wallon (moinjs d'un Wallon sur deux dit épargner).
Bref, la méconnaissance règne. A moins que
l’on
se dise que les classiques carnets d’épargne
rapportent si peu qu’il ne faut vraiment pas s’en
inquiéter,
même s’ils peuvent servir de poire pour la soif.
Et que les fonds de pension sont décidément
plus attractifs !
Il ne faut pas confondre
baby-boomer et pensionnés de 70 ou 80 ans.
Une enquête
française mentionnait l’an dernier qu’au-delà du
cap des 65 ans, le taux d’épargne des seniors
est supérieur à la moyenne nationale (16,5%
contre 15,7%).Cette épargne ne se ferait pas au détriment
de la qualité de la vie puisque deux tiers de ces
personnes souhaitent vivre le mieux possible plutôt
qu’à avoir
de l’argent de côté.
Avant 75 ans, les
voyages et les loisirs sont privilégiés,
. . . de même que les dépenses liées aux équipements
ménagers, à la voiture ou au logement. Après
75 ans, on dépenserait davantage dans le cercle familial,
ainsi que pour la santé et le maintien en bonne forme
physique. Il faut y voir la crainte des seniors d’être
une charge pour leurs enfants.
L’autonomie reste donc
leur principale préoccupation, et leur motivation
première à épargner.
Mais, là, nous sommes très loin des baby-boomers
!