La maladie d'Alzheimer, on le sait, est un trouble
neurodégénératif qui entraîne
petit à petit la perte des fonctions mentales. Si
sa cause exacte est inconnue, il est établi que des
facteurs extérieurs et même génétiques
y contribuent. Mais des études sur des souris démontrent
aussi que le cerveau a tout intérêt à être
stimulé pour prévenir la maladie.
Si les premiers symptômes de la maladie apparaissent
dans la mémoire à court terme, elle se manifeste
aussi par des distractions sans gravité, mais qui s'accentuent
graduellement. Ces désordres progressant, d’autres
facultés sont touchées et l'affaiblissement cognitif
se généralise, tant dans les fonctions exécutives
que dans l’adresse des mouvements, ou encore la reconnaissance
des hommes et des objets.
C’est dire si ces changements
influent sur la vie quotidienne. Progressivement, les qualités
humaines essentielles se trouvent entamées.
Longtemps les spécialistes, médecins, psychologues,
chercheurs, ont laissé l’homme de la rue songeur.
Car personne n’était d’accord, ni sur les
origines de la maladie, ni a fortiori sur son traitement. Le
site français Esculape a eu la bonne idée de
confronter les professionnels du milieu avec de simples observateurs.
Parmi ces derniers, Jean-Jacques Schwer. Son père ayant été touché par
la maladie, il a rendu compte de son expérience. Sa
conclusion: « A quoi bon faire en sorte de former les
médecins à l'approche psychologique de la maladie, à quoi
bon former les aidants ou les soignants ? Il est tellement
plus simple de former à faire prendre des médicaments
dont on ne sait pas quel est réellement l'effet sur
la maladie. (…) Je me dis qu'il y a encore bien trop
de personnes âgées que l'on va entraîner
vers la démence, alors qu'ils n'ont que des troubles
cognitivo-mnésiques. Sans parler du fait qu'il est prétendu
que ces personnes atteintes sont agressives et qu’il
arrive un moment où il vaut mieux les "neuroleptiser" plutôt
que de comprendre d'où vient le problème et ainsi
les aider à rester des personnes adorables qui au contraire
de ce qui est dit sont prêtes à donner des quantités
d'amour. »
C’est beau et c’est fort, mais cela pose question.
D’abord par rapport aux traitements, même si ces
derniers sont efficaces aux tout débuts de la maladie,
ensuite par rapport à l’approche des malades.
Il ne faut pas oublier non plus que la recherche progresse à grands
pas.
Aux Etats-Unis, à l’université de
Jefferson, un lien a été établi entre
l’effort d’apprentissage mental et la prévention
de la maladie. Un environnement stimulant au début de
la vie peut probablement aider à prévenir des
maladies neurodégénératives. De cette
manière, le cerveau serait en quelque sorte prémunit
contre les agressions. Comment en est-on arrivé là ?
Grâce à des expériences sur des souris.
Celles qui étaient élevées dans un environnement
stimulant constitué de roues tournantes, de tunnels,
de balles, etc. avaient 45% de moins de mortalité des
cellules du cerveau que des souris vivants dans un environnement
limité.
Plus: les souris stimulées exposées à des
neurotoxines étaient mieux armées contre la perte
des cellules du cerveau que les souris vivant dans un environnement
normal.
Conclusion à Jefferson : « Un environnement plus
stimulant déclenche des gènes dans le cerveau
et nous pensons que par ce mécanisme, le cerveau devient
super résistant à la sénescence et aux
maladies telles que la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson
et les traumas du cerveau. »