En cette matière, si l’offre
est plurielle, les néerlandophones sont plus
avancés que les francophones.
Il n’empêche
: bientôt, il faudra que les enfants des seniors
puissent souffler un peu et que leurs parents âgés
soient accueillis durant de courtes périodes.
Opladis : Le
nombre sans cesse croissant de seniors n’impose-t-il
pas de nouvelles normes en matière d’habitat
?
Bien sûr que si !Ici l'offre existe de manière
plurielle. Des projets doivent être encouragés
notamment en habitat alternatif ou partagé , conçus
avec une dimension intergénérationnelle
et de Développement
Durable. D'autre part, en Belgique, il faut continuer à soutenir
les formules d'accueil permettant d'accueillir les personnes
quelques heures, la journée, le week end, durant
une courte période et pourquoi
pas, pendant la nuit uniquement. Il reste beaucoup de
travail avec à la
clé l'enjeu des femmes dans ce secteur qui sont
nombreuses à prester
des services de proximité et à s'occuper
en même temps des personnes âgées
de leur propre famille. Les aidants naturels deviendront
de plus en plus nombreux à l'avenir
et si ils sont déjà bien organisés
du côté néerlandophone,
il reste à encourager leur structuration du côté francophone.
Opladis : Politiquement,
on en est loin…
Les ministres ne sont pas très intéressés,
c’est vrai. Dans leur culture, ce n’est pas
prestigieux de s’occuper du vieillissement. A l’Europe,
c’est pareil. J’ai eu un débat avec
José Baroso à ce sujet. « Vous demandez
aux travailleurs âgés de travailler plus longtemps,
lui ai-je dit, mais quelle contribution demandez-vous au
capital ? » La vision actuelle est trop liée
au PNB. Alors que le vieillissement ne doit pas être
considéré comme une charge, c’est une
réalité porteuse de qualités. Les
Nations unies ont demandé en 2002 à ce que
nous contribuions à créer une société pour
tous les âges, mais le Commission européenne
ne suit pas vraiment le mouvement.
Opladis : Et la Belgique ?
Ici, l’information circule mal ou pas du tout. Tout
est clivé. En France, quand le ministre X participe à l’Assemblée
mondiale du vieillissement, il y a une mémoire qui
circule dans l’administration et on en tient compte.
Ici, non. Tout est trop fragmenté. Le Belge n’est
pas très réactif quant aux directives internationales…