A la tête d’un cabinet-conseil
pour seniors, Myriam Van Espen affronte deux types
de questions : celles des personnes très âgées
et celles enfants de ces personnes, qui veulent savoir
comment se débrouiller avec un père ou
une mère très âgé.
D’autres
part, elle organise des colloques pour directeurs
de maisons de repos et responsables de CPAS
Opladis : Que
fait votre cabinet-conseil ? Qui vient frapper à votre
porte ?
Il y a d’abord les personnes du voisinage, qui ont
plus de 80 ans, et se posent la question de savoir comment
affronter l’avancée en âge, et si elles
doivent continuer à vivre chez leur fils ou leur
fille, lesquels vivent quelquefois des tensions ou des
situations familiales délicates. Ce sont aussi des
couples qui s’occupent de leur mère ou de
leur père âgé et se posent toutes sortes
de questions du style: « Dois-je faire la toilette
de papa ?… Comment ça marche ?… Quelqu’un
peut-il venir m’aider ? » Souvent je propose
une orientation vers le service ou la résidence
compétente.
Opladis : Le public belge
sait-il ce qu’est la
gérontologie ? Existe-t-il des cabinets en la matière
?
Il y a encore beaucoup d’ignorance ! Le public généralement
ne sait pas que la gérontologie est la science du
vieillissement. En outre, en francophonie, il y a un gros
problème, qui est la complexité institutionnelle.
Les gens ne s’y retrouvent pas. Même pour un
professionnel du secteur, ce n’est pas simple.
Opladis : De l’extérieur, on peut penser
que vous faites du travail de terrain avec des personnes
très âgées et, à côté de
cela, des travaux inter-universitaires…
- Il y a plus. Un exemple : je viens d’organiser
un colloque dont le thème était La mort n’existe
pas. Y assistaient des directeurs des maisons de repos
des CPAS de la Région wallonne. Je suis aussi en
contact avec les opérateurs, dans le sens large
du terme. Ce sont les pouvoirs publics, le secteur associatif
ou encore des opérateurs des sociétés
commerciales. Ils veulent savoir comment entrer en contact
avec le public âgé ou alors ils désirent
commercialiser des produits destinés au confort
des soignants. Bref, ils veulent savoir quel langage tenir
ou quels contacts établir et avec qui… Tout ça,
c’est un peu du marketing, finalement.
Opladis : Qui sont les décideurs
?
Ils sont de deux types : politique et stratégique,
que ce soit des investisseurs marocains privés ou
encore une administration fédérale belge,
qui m’appelle à propos des travailleurs âgés.
Un attaché de cabinet peut donc m’appeler.
Il ou elle me téléphone, me fixe un rendez-vous.
On part toujours d’une demande particulière.
Un attaché de cabinet d’un ministre fédéral
n’aura pas la même demande qu’une attachée
la Région wallonne. De même, une échevine
communale aura une demande spécifique. En fonction
de cela, nous répondons concrètement, dans
un plan stratégique ou politique. C’est très
polyvalent. Mon associé, Jean Van Bossche, est quant à lui
spécialisé dans le secteur des assurances.
Opladis : Pourquoi vous êtes-vous constitués
en ASBL ?
Pour une raison toute simple : nous voulons être
au service des pouvoirs publics en Belgique. Autrement,
nous aurions créé une SPRL.